Publié le 21 septembre 2026
Deux pays des Balkans, deux logiques d'admission radicalement différentes. La Croatie est membre de l'Union européenne depuis 2013 et propose des cursus de médecine en anglais bien établis — avec ou sans concours selon l'université. La Serbie, candidate à l'adhésion à l'UE, a développé des programmes anglophones ouverts aux étudiants internationaux, avec des frais nettement inférieurs. Mais laquelle choisir quand on vise la meilleure chance d'être admis ?
Avant d'entrer dans les détails, une précision importante : la Croatie est un État membre de l'Union européenne. Ton diplôme de médecin y bénéficiera donc de la reconnaissance automatique dans tous les pays de l'UE/EEE au titre de la directive 2005/36/CE. La Serbie, elle, n'est pas membre de l'UE : un diplôme serbe ne bénéficiera pas de cette reconnaissance automatique, et nécessitera une procédure spécifique pour exercer en France.
La Faculté de médecine de Zagreb est la plus ancienne et la plus prestigieuse du pays, fondée en 1917. Son programme anglophone (Medical Studies in English) existe depuis 2003. C'est une filière rigoureuse et reconnue internationalement : la faculté figure au World Directory of Medical Schools de l'OMS et ses diplômés sont enregistrés auprès du General Medical Council britannique.
L'admission repose sur deux critères combinés :
Le classement final est établi uniquement sur les résultats à cet examen d'entrée. Les épreuves se déroulent de janvier à début juillet, avec plusieurs sessions. Il est possible de s'inscrire jusqu'à deux semaines avant la date choisie.
En termes de places disponibles, la faculté réserve environ 50 sièges par an pour les étudiants internationaux dans le programme anglophone. Une fois l'offre d'admission reçue, une caution non remboursable de 2 500 € doit être versée sous 10 jours pour sécuriser la place.
Frais de scolarité : 12 000 € par an (en un versement) ou 12 200 € en deux versements semestriels. Les frais d'inscription à l'examen s'élèvent à 200 € (sur place) ou 400 € (à distance).
La Faculté de médecine de Split propose, elle, un profil d'admission bien différent : pas d'examen écrit imposé. L'admission repose sur l'évaluation du dossier scolaire (notes en biologie, chimie, physique) et un entretien. C'est l'un des processus les plus accessibles parmi toutes les facultés de médecine européennes pour les étudiants internationaux.
Le programme anglophone existe depuis 2011/2012. La formation dure 6 ans et totalise 5 500 heures d'enseignement, avec une formation clinique à l'Hôpital universitaire de Split. Le programme regroupe des étudiants de 21 nationalités différentes.
En ce qui concerne les places disponibles, la situation est plus complexe qu'il n'y paraît : la faculté offre au total 70 sièges, mais 40 d'entre eux sont réservés à des étudiants allemands dans le cadre d'un partenariat avec les cliniques RegioMed (qui effectuent les 3 premières années à Split puis les 3 dernières en Allemagne). Il ne reste donc que 30 places environ pour les autres étudiants internationaux du monde entier, ce qui représente une compétition réelle malgré l'absence de concours écrit.
La prochaine session d'examen d'entrée est prévue le 23 juillet 2026 pour la rentrée hiver 2026/2027. Les places sont attribuées selon l'ordre d'arrivée des candidatures validées — ce qui incite à postuler tôt.
Frais de scolarité : 12 000 € par an, payables en deux versements semestriels de 6 000 €. Frais de candidature : 200 €.
La Serbie compte plusieurs facultés de médecine proposant un programme en anglais pour les étudiants internationaux. Les trois principales sont :
À Niš, les critères d'admission mettent l'accent sur de bonnes notes en biologie, chimie et physique (sans prise en compte de la moyenne générale du baccalauréat), complétées d'un entretien vidéo évaluant la motivation du candidat. Pas de concours écrit. La procédure est relativement souple, et les frais d'inscription s'élèvent à 50 €.
Les frais de scolarité à Niš s'élèvent à environ 8 000 € la première année, puis 5 700 € les années suivantes, pour un total sur 6 ans d'environ 36 500 €. À Novi Sad, le premier acompte de frais de scolarité représente 25 % du total annuel (soit 1 750 € minimum) à verser pour confirmer l'inscription.
| Université | Pays | Frais annuels | Total estimé 6 ans | Type de sélection |
|---|---|---|---|---|
| Zagreb (anglais) | Croatie 🇭🇷 | 12 000 € | ~72 000 € | Concours écrit (120 QCM) + notes lycée |
| Split (anglais) | Croatie 🇭🇷 | 12 000 € | ~72 000 € | Dossier + entretien (pas de concours écrit) |
| Niš (anglais) | Serbie 🇷🇸 | ~5 700–8 000 € | ~36 500 € | Dossier (notes bio/chimie/physique) + entretien |
| Belgrade (anglais) | Serbie 🇷🇸 | Variable | Variable | Dossier + équivalence de diplôme |
| Novi Sad (anglais) | Serbie 🇷🇸 | ~7 000 € (estimé) | Variable | Dossier + test de langue si nécessaire |
C'est sans doute la différence la plus importante pour un étudiant francophone.
La Croatie étant membre de l'UE, un diplôme de médecine obtenu dans une faculté croate reconnue bénéficie de la reconnaissance automatique dans toute l'Union européenne, dont la France, en application de la directive 2005/36/CE. Tu peux t'inscrire directement à l'Ordre des médecins et exercer, à condition d'être ressortissant UE/EEE/Suisse ou assimilé. C'est un avantage considérable.
Attention cependant : en France, l'exercice de la médecine s'effectue obligatoirement dans une spécialité. Le diplôme de médecin généraliste obtenu après 6 ans d'études ne suffit pas à lui seul — il faut ensuite accomplir un internat de spécialisation (3 ans minimum pour la médecine générale). Ce point vaut aussi bien pour les diplômés français que pour les diplômés européens.
La Serbie n'étant pas membre de l'UE, son diplôme n'est pas automatiquement reconnu en France. Si tu es ressortissant UE/EEE et que tu as exercé légalement pendant au moins 3 ans en Serbie, la procédure HOCSMAN peut s'appliquer. Sinon, il faudra passer par la procédure d'autorisation ministérielle d'exercice, instruite par le Centre National de Gestion (CNG) : une commission vérifiera l'équivalence de ta formation avec les standards français, et peut exiger des mesures compensatoires (stage d'adaptation ou épreuve d'aptitude).
En résumé : un diplôme serbe implique une démarche administrative significativement plus lourde pour retourner exercer en France. C'est un élément décisif dans ton choix.
Croatie (Split) — Tu es un bon élève en sciences mais tu as du mal avec les concours écrits sous pression. Tu veux un diplôme UE directement reconnu en France. Tu acceptes de payer environ 12 000 €/an. Le processus dossier + entretien te convient, et tu as conscience que les 30 places réservées sont peu nombreuses.
Croatie (Zagreb) — Tu te sens prêt à préparer un concours écrit en biologie, chimie et physique (environ 61/120 requis). Tu vises une formation de premier rang et tu acceptes la compétition. Le diplôme UE est une priorité pour ta carrière future en Europe.
Serbie (Niš, Belgrade, Novi Sad) — Ton budget est limité (environ 36 500 € sur 6 ans contre 72 000 € en Croatie). Tu maîtrises les fondamentaux en biologie, chimie et physique. Tu es prêt à mener une démarche administrative supplémentaire si tu veux exercer en France ou en UE plus tard. Tu envisages peut-être d'exercer en Serbie ou dans un pays hors UE à moyen terme.
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