Compléter un argument : trouver la prémisse ou la conclusion manquante
Reconnaître la structure d'un argument (prémisses → conclusion). Identifier ce qui manque pour que l'argument tienne logiquement. Distinguer une réponse qui complète l'argument d'une réponse qui est seulement vraie dans la réalité.
Cours
Un argument, au sens logique du terme, est un ensemble de prémisses (des affirmations posées comme vraies) qui mènent à une conclusion. À l'IMAT, l'exercice classique de "complétion d'argument" te donne un texte auquel il manque un élément — souvent une prémisse implicite, parfois la conclusion elle-même — et te demande de choisir, parmi 5 propositions, celle qui rend l'argument logiquement complet.
La méthode consiste à traiter l'argument comme une chaîne : chaque prémisse est un maillon, et la conclusion doit découler nécessairement de l'ensemble des maillons. S'il manque un maillon, la chaîne est cassée — ta tâche est de retrouver le maillon manquant, pas d'ajouter une information vraie mais inutile à la démonstration.
Exemple simple : "Tous les mammifères marins doivent remonter à la surface pour respirer. Les dauphins sont des mammifères marins. Donc les dauphins doivent remonter à la surface pour respirer." Ici, les deux prémisses suffisent à garantir la conclusion — l'argument est complet. Si on retirait la première prémisse, il manquerait le lien entre "mammifère marin" et "besoin de respirer à la surface" : c'est exactement ce type de lien manquant que l'IMAT te demande de repérer.
Illustration : la structure d'un argument à compléter
Méthode et exemple entièrement résolu
Trois pièges reviennent constamment dans ce type d'exercice : (1) confondre condition nécessaire et condition suffisante — « B est nécessaire pour A » () ne veut pas dire « B suffit pour A » () ; (2) l'erreur d'affirmation du conséquent — de « si alors » et « est vrai », on ne peut PAS conclure que est vrai ( peut avoir d'autres causes) ; (3) ajouter une prémisse non énoncée qui semble « raisonnable » mais n'est pas donnée dans le texte.
Exemple : « Tous les employés certifiés portent un badge bleu. Personne sans badge bleu n'est autorisé dans le laboratoire. Marc n'a pas de badge bleu. » Que peut-on en déduire avec certitude ? Étape 1 : traduire en implications — certifié → badge bleu ; pas de badge bleu → pas autorisé dans le labo. Étape 2 : appliquer le modus ponens à la deuxième implication avec le fait donné (Marc n'a pas de badge bleu) → Marc n'est pas autorisé dans le laboratoire. C'est la seule déduction valide. Une réponse du type « Marc n'est pas certifié » est un piège classique : c'est un modus tollens valide sur la PREMIÈRE implication (pas de badge bleu → pas certifié), donc en réalité aussi déductible — mais une réponse du type « Marc travaille ailleurs » ajouterait une information absente du texte, à rejeter.
Concepts clés
- Prémisse : une affirmation posée comme vraie, servant de point de départ au raisonnement.
- Conclusion : ce que l'argument cherche à établir à partir des prémisses.
- Argument valide : un argument où la conclusion découle nécessairement des prémisses (indépendamment de savoir si les prémisses sont réellement vraies).
- Prémisse implicite (ou "manquante") : une affirmation non énoncée mais nécessaire pour que l'argument soit valide.
Explication intuitive
Pense à l'argument comme un pont entre deux rives : les prémisses sont la rive de départ, la conclusion la rive d'arrivée. S'il manque une pile du pont, tu ne peux pas traverser — même si tout ce qui est écrit est vrai par ailleurs. Ta seule question doit être : "qu'est-ce qui, ajouté aux prémisses données, rend la conclusion inévitable ?" — pas "qu'est-ce qui est vrai et pertinent sur le sujet ?".
Pièges fréquents à l'IMAT
- Choisir une affirmation vraie mais non nécessaire : une option peut être factuellement exacte sans combler le trou logique de l'argument. L'IMAT piège souvent avec ce genre de distracteur "réaliste".
- Ajouter trop d'information : la bonne réponse comble exactement le trou, ni plus ni moins. Une option qui va au-delà de ce qui est nécessaire n'est généralement pas la meilleure réponse.
- Confondre "renforcer" et "compléter" : renforcer un argument (le rendre plus probable) n'est pas la même chose que le compléter (le rendre logiquement nécessaire).
Questions d'entraînement
Questions type IMAT
Commentaires
Aucun commentaire pour l'instant — sois le premier à en laisser un.